Jan 102023
 

« Nous aurons encore l’occasion de danser ensemble »

Daria Deflorian / Antonio Tagliarini / 15mar>18mar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sentir le grisou, comme c’est difficile. Comme c’est difficile, en effet, de savoir voir ce qui n’apparaît qu’à peine, de surprendre le frissonnement d’ailes de l’oisillon quand passe le « mauvais air » – le mauvais temps – de l’histoire.
G. Didi-Huberman, Sentir le grisou

d’après Ginger et Fred de Fellini

Après Quasi niente, Daria Deflorian et Antonio Tagliarini voulaient aborder l’intime de façon plus grande et plus folle, en lien avec ce que l’artiste en représentation donne à voir de lui-même : qui de plus indiqué alors que Fellini pour accompagner cette exploration ? Dans Ginger et Fred, Giuletta Masina et Marcello Mastroianni sont Amelia et Pippo, deux modestes danseurs de claquettes vieillissants ayant à leur répertoire une imitation du mythique duo hollywoodien. Désormais séparés, ils sont invités à danser pour une rétrospective télévisée où la société du spectacle a détrôné l’art qu’ils connaissaient. Un film crépusculaire, saisissant entre la lumière aveuglante des projecteurs et l’obscurité d’une coupure d’électricité, les différents visages de l’artiste. Comme ils l’avaient fait dans Quasi niente, Daria et Antonio ont en effet poussé plus loin la diffraction des identités en faisant cohabiter sur le plateau trois générations différentes. Une façon de suivre à travers les corps ce qui a changé en eux et dans le monde autour. Des corps qui parlent, qui chantent, et qui dansent bien sûr. Une façon de s’immiscer dans cet espace mouvant entre l’image et l’identité, qui ne peut se révéler que dans la relation à l’autre. Et une vibrante mise en abime de la vie d’artiste depuis les coulisses.

 

 

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